| Le Dieu Thor fait la lumière
du cyclisme moderne
Dans la mythologie scandinave du temps des
vikings, Thor était le dieu de la lumière. Un
coup de marteau, et ça flashait ! Thor se prononce
« tour », comme Tour de France, là où
le jeune Hushovd prénommé Thor a fait jaillir
la lumière lors de ses deux premières participations
: en 2001, il fut l’un des plus efficaces membres du
Crédit Agricole victorieux du contre-la-montre par
équipes ; en 2002, il a fait parler sa force explosive
pour remporter au millimètre l’antépénultième
étape face à Christophe Mengin, près
de trois semaines après avoir crevé l’écran,
pris de crampes, au bord de l’abandon devant les caméras.
Mais Thor est indestructible. Sprinter, rouleur,
capable de réaliser de très grosses performances
contre la montre, il lui arrive malgré son physique
massif de bien passer la montagne, comme en espoirs à
la Ronde de l’Isard et à la fin du Tour 2002
lorsqu’il termina 5e, à Cluses, une terrible
étape alpestre.
Enfant, il a trouvé auprès
de son frère Ronny, son aîné de trois
ans, l’inspiration pour le cyclisme. Il a couru dès
l’âge de 9 ans ! Et il a tout gagné dans
son pays, la Norvège, où ses racines se nichent
dans un petit paradis : Grimstad, sur la côte sud. De
la même ville venait également le seul cycliste
norvégien à avoir gagné, avant lui, une
étape du Tour de France, Dag Otto Lauritzen. Près
de chez eux, les fjords sont d’une infinie beauté,
les paysages changeant, blanc de neige l’hiver, baignés
de soleil l’été. Là haut, dans
le nord de l’Europe, Thor se ressource en chassant le
renne. Le ski fut naturellement son premier sport –
le football le deuxième.
Il a songé à abandonner le
cyclisme à 19 ans, il avait sans doute le succès
trop facile. Parti en vacances avec des amis aux îles
Canaries, il s’apprêtait à tourner la page
quand son ami Kurt-Asle Arvesen est devenu champion du monde
espoirs à San Sebastian. Se rendant compte qu’un
« Norvégien pouvait donc le faire », il
s’est mis le maillot arc-en-ciel en tête, a retrouvé
la motivation au juste moment et enchaîné les
victoires de prestige : Paris-Roubaix, Paris-Tours…
et championnat du monde, du contre-la-montre, à Valkenburg
(Pays-Bas) en 1998.
A 20 ans, il pouvait passer pro. «
J’avais des offres, j’ai dit non, rappelle-t-il.
Je voulais d’abord finir mes études et mon service
militaire. » Un an plus tard, fort de 22 victoires supplémentaires
dans la catégorie espoirs, il a dit oui au Crédit
Agricole. Et il a continué, sur sa lancée, à
gagner des courses face aux professionnels les plus expérimentés
(cf biographie).
Thor Hushovd n’est pas seulement un
bon cycliste, un des plus doués de sa génération
au niveau mondial, capable de remporter à l’avenir
un Paris-Roubaix ou un Tour des Flandres, il est aussi jeune
homme charmant et courtois. Un vrai Dieu pour le cyclisme
moderne. Grâce à sa force, la lumière
va encore jaillir.
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